Transcendance

Dieu est mort, c’est une affaire entendue du moins dans l’esprit de l’homme. Mais cela ne fonctionne pas. Nietzsche puis Dostoïevski l’avaient prédit et ils avaient prophétisé la venue de calamités comme conséquences de cet évènement inouï. En effet, une société sans Dieu n’a plus d’autorité légitime pour édicter les valeurs communes à partager. Les Grecs l’avaient bien compris en façonnant leurs propres dieux au plus proche d’eux-mêmes. La raison, la science, le progrès ne suffisent pas, en effet, à ordonner un monde nouveau. Le nihilisme est désormais à l’œuvre et grignote jour après jour notre société occidentale : à chacun sa vérité car tout se vaut et donc tout est permis. Tout est en place pour que l’homme puisse s’épanouir dans un individualisme forcené et solitaire.

Dans ce monde devenu absurde et incohérent, il semble nécessaire de retrouver ce supplément d’âme qui fait la grandeur de l’homme. C’est pourquoi il nous faut réinterroger ceux qui nous ont précédés : Sophocle, Platon, Pascal, et plus proches de nous, Claudel, Bernanos, Péguy et bien d’autres, pour redécouvrir ce qui dépasse l’homme et lui donne sa dignité. Munis de ce viatique, nous pourrons alors mieux comprendre ce qui nous arrive.

20.90 

Dans la lueur blafarde de l’aube, sur les eaux primordiales, un cri a jailli, il s’est répandu comme l’éclair et mille poitrines l’ont repris alentour : Dieu est mort. C’est en 1882, dans le Gai Savoir, que Nietzsche pousse cette exclamation :
« Où est Dieu, je vais vous le dire ! Nous l’avons tué, vous et moi ! Nous tous sommes ses meurtriers…Dieu est mort ! Dieu reste mort ! C’est nous qui l’avons tué ».
S’en réjouit-il ? Non, il est effrayé de ne plus retrouver l’idée même de Dieu dans l’esprit des hommes ; lui seul prend conscience de l’énormité de cet évènement et de ses conséquences.
À l’instar de Blaise Pascal, qu’il considérait comme un « frère », il sait la condition tragique de l’homme et de l’humanité : qu’est-ce que l’homme perdu dans l’infini, immergé dans le cosmos, simple particule entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, et dont le destin est d’être voué à la mort ? Comme Pascal, il discerne pourtant la grandeur de l’homme mais tous deux en tirent des perspectives opposées.
Alors que Pascal voit en Dieu seul le salut de l’homme, Nietzsche se présente comme l’Antéchrist, celui qui condamne le message évangélique qui, selon lui, abaisse l’homme et le rend soumis et vulnérable. Il veut un nouvel évangile qui élève l’homme et lui rende sa dignité face à la mort. Ce nouvel évangile aura pour effet de transmuer Dieu lui-même et de le dévoiler tel qu’il est en vérité.
Mais son mentor, le mage Zarathoustra, est reparti dans sa montagne et Nietzsche, incapable d’écrire ce nouvel évangile, s’est emmuré dans le silence le reste de ses jours.

EAN: 9791032649657
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Auteur

Editions

Sydney Laurent

Nbre de pages

448 pages

Format

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